L’attestation de formation aux gestes et soins d’urgence (AFGSU) est bien plus qu’un simple document à glisser dans un dossier de candidature. Pour des dizaines de milliers de professionnels de santé en France, elle constitue une obligation légale, vérifiée à l’embauche, lors des études et dans les parcours de VAE. Comprendre ses contours permet d’anticiper, et d’éviter les mauvaises surprises.
Une obligation légale ancrée dans le Code de la santé publique
La formation AFGSU se décline en trois niveaux. Le niveau 1 s’adresse aux personnels non soignants en contact avec des patients : agents hospitaliers, brancardiers, personnel administratif ou de sécurité. Il est fortement recommandé, sans être imposé. Le niveau 2, en revanche, est obligatoire pour tous les professionnels relevant de la quatrième partie du Code de la santé publique : médecins, infirmiers, aides-soignants, pharmaciens, kinésithérapeutes, ambulanciers, techniciens de laboratoire, et bien d’autres encore. Enfin, le niveau 3, dit spécialisé SSE, approfondit la prise en charge des situations sanitaires exceptionnelles.
Cette obligation ne repose pas sur un simple usage professionnel. Deux textes réglementaires l’encadrent : l’arrêté du 30 décembre 2014 et l’arrêté modificatif du 1er juillet 2019. Elle s’applique quel que soit le mode d’exercice : hôpital, EHPAD, cabinet libéral, officine, laboratoire d’analyses médicales.
Depuis le 31 décembre 2023, l’AFGSU 2 est également exigée pour obtenir le DEAS, le DEAP ou le DE AES par la voie de la validation des acquis de l’expérience. Et depuis la rentrée 2024-2025, une AFGSU 2 valide ouvre l’accès au parcours d’entrée directe en 2e année de formation infirmier pour les aides-soignants justifiant de trois ans d’exercice.
Formation initiale et recyclage : ce qu’il faut prévoir
La formation AFGSU 2 représente 21 heures réparties sur 3 jours. Elle couvre les urgences vitales (arrêt cardiaque, défibrillation, obstruction des voies aériennes), les urgences potentielles (malaises, traumatismes, accouchement inopiné) et les risques collectifs, notamment les situations sanitaires exceptionnelles et les dispositifs ORSAN et ORSEC. L’attestation est délivrée par un CESU certificateur et reste valable 4 ans.
Passé ce délai, un recyclage d’une journée (7 heures) permet de renouveler la validité pour 4 années supplémentaires. C’est au professionnel lui-même de veiller à anticiper cette échéance : aucun organisme ne l’en avertit automatiquement. En cas de litige lié à une prise en charge d’urgence, la détention d’une AFGSU 2 à jour peut peser dans l’appréciation de la conduite du professionnel au regard des données acquises de la science.
Financement : les options disponibles, sans le CPF
Un point que beaucoup ignorent : l’AFGSU n’est pas éligible au Compte Personnel de Formation, ni pour la formation initiale ni pour le recyclage. Elle n’entre plus non plus dans le champ du DPC depuis plusieurs années. Cela ne signifie pas pour autant qu’elle doit être financée entièrement de sa poche.
Les professions libérales (infirmiers, kinésithérapeutes, orthophonistes) peuvent solliciter le FIF-PL. Les salariés d’établissements de santé ou d’EHPAD disposent de l’OPCO Santé et du plan de formation de leur employeur. Les demandeurs d’emploi, quant à eux, peuvent se tourner vers l’Aide Individuelle à la Formation de France Travail ou, si l’embauche est conditionnée à l’AFGSU, vers la POEI. En autofinancement, les tarifs se situent autour de 490 euros pour une formation initiale, et entre 180 et 400 euros selon l’organisme et la région pour un recyclage.
En 2025, les contrôles relatifs à cette obligation ont été renforcés, notamment dans le cadre des critères de certification des établissements portés par la HAS. Autant dire que remettre à plus tard son recyclage comporte des risques concrets, au-delà du simple aspect réglementaire.
